Toutes les structures de portage n’ont pas la même conception de leur métier et la diversité des formes juridiques utilisées en témoigne. N’offrant pas les
mêmes garanties à leurs consultants, la gestion des ressources humaines et la formation relèvent de pratiques différentes selon les structures. Quant au recrutement des
postulants au portage, il répond à des critères censés assurer la réussite de la collaboration.
Les structures de portage s'appuient sur des formes juridiques très différentes.des philosophies différentes.
Les structures à vocation d’insertion sociale ou professionnelle, qui utilisent le portage salarial comme un moyen permettant le retour à l’emploi ou la création d’activités, ne cherchent
pas à tirer des bénéfices de ce service rendu à leurs adhérents. Elles privilégient alors les statuts associatif et coopératif et pratiquent des honoraires modestes.
Les consultants indépendants qui s’organisent entre eux pour gérer les parties administratives, sociales et fiscales de leur activité choisissent aussi le plus souvent ces formules, et la
structure coopérative ou associative leur convient très bien. Là encore, les honoraires demandés n’étant destinés qu’à financer une gestion basique sont peu élevés.
Certaines structures de portage sont des SCOP (Sociétés Coopératives de Production), des SNC (Sociétés en Nom Collectif) ou des associations. Si ces formules peuvent paraître intéressantes
au vu du montant de leurs honoraires, il faut cependant savoir que la gestion des salaires n’est pas toujours assurée de manière aussi efficace que lorsqu’ils sont traités par des professionnels
de l’ingénierie salariale.
Les nouvelles sociétés de portage s'appuient sur l’économie de marché. Elles considèrent le portage salarial comme un produit . Ce sont des SARL (Sociétés à Responsabilités
Limitées), des SA (Sociétés Anonymes) et parfois des EURL (Entreprises Unipersonnelles à Responsabilité Limitée). Elles ont une vocation clairement commerciale dont la rentabilité est directement
liée au nombre et aux qualités professionnelles de leurs consultants portés.
En s’adressant à une structure de portage salarial pour déléguer la facturation client et le
règlement de leurs salaires, les consultants portés souhaitent s’assurer une sécurité de base qui s’appuie sur la loi. En effet, toutes les entreprises ont un devoir de protection de leurs
salariés, et les sociétés de portage ne font pas exception à la règle. Elles doivent donc faire en sorte que le règlement des salaires soit assuré, quels que soient leurs aléas
économiques.
Certaines sociétés souscrivent donc des assurances au bénéfice de leurs consultants portés. Mais toutes ne prennent pas cette précaution, et le futur porté aura tout intérêt à
s’assurer de ce point avant de confier son compte professionnel à une structure intermédiaire.
Les Sociétés de portage ont l'obligation de souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) couvrant les dommages dont leurs salariés pourraient être
responsables.
Les cotisations sociales obligatoires assurent au copnsultant porté une couverture sociale en cas d’accidents du travail et les indemnités journalières en cas de maladie.
En complément de la gestion du compte professionnel, les structures de portage doivent accompagner le consultant dans la progression de sa
carrière. Ce n’est qu’un échange de bons procédés, puisque la santé financière de la société de portage est directement liée aux performances commerciales de ses consultants.
Le rôle du DRH est donc essentiel. Cet accompagnement peut se faire sous forme de conseils sur les aspects commerciaux, juridiques ou comptables, et sur la recherche et la
négociation des missions. Il peut se pratiquer au sein de réunions de groupe, mais le plus souvent il se déroule dans le cadre de relations personnalisées entre le porté et le responsable
de son compte professionnel. Ce conseil peut prendre une autre dimension lorsqu’il s’agit de la création d’entreprise et du montage de projets. Il est alors clairement pédagogique, et
vise à confronter le consultant à ses propres lacunes en l’incitant à se remettre en cause pour se préparer à gérer sa future entreprise. Dans certains cas, il pourra s’agir de le
dissuader de s’engager dans une telle voie. Une autre forme d’accompagnement est généralement pratiquée : celle du soutien psychologique. Il permet de répondre aux fréquents problèmes de
personnes arrivant au portage après une rupture brutale avec l’entreprise, qui ont autant besoin d’un accompagnement psychologique que d’un outil de travail.
Cet accompagnement professionnel s’apparente le plus souvent à de la formation et prend une place plus ou moins importante selon les choix
stratégiques de la structure d’accueil. Bien que toutes les sociétés de portage soient conscientes que la rentabilité de leur société est directement liée aux performances de
leurs salariés, bien qu’elles affirment très haut le droit à la formation de leurs portés, on constate d’importantes disparités dans leur manière de traiter le sujet.
En tant que salarié, le consultant bénéficie, par le biais du DIF (Droit Individuel à la Formation), de droits à la formation de vingt heures par an. S’appuyant sur ce
dispositif, la plupart des sociétés de portage organisent des stages sur l’aspect commercial du métier de consultant.
C’est ainsi que l’on trouve des formations intitulées « Devenir consultant », « Construire son offre commerciale », « Internet, blogs et outils de communication », « Présenter,
communiquer, convaincre », « Réussir les entretiens de vente », « Réaliser une plaquette », « Communiquer à petit budget », etc. Selon les structures, ces formations sont gratuites ou
appellent une participation. Malheureusement tous les consultants ne sont pas en demande de ce type de soutien. Manque de temps ou désintérêt pour l’aspect commercial ? La manière
dont la structure de portage traite cet aspect du travail du consultant, la façon dont elle l’incite à se former sont des indicateurs significatifs de l’intérêt qu’elle accorde à
l’accompagnement de sa carrière.